On prend (presque) les mêmes et on recommence !

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Programme

Nous sommes repartis dans un nouveau cycle électoral. Les élections municipales du 15 et du 22 mars 2026 l’inaugure et il devrait se clore en 2032 soit par cette même élection municipales soit par l’élection présidentielle.

Les élections municipales sur le bassin d’Arcachon ont-elles été l’occasion d’un retour utile aux urnes ? C’était, selon nous, l’enjeu principal qui était posé sur un territoire ou les idées communistes, de la gauche radicale et de l’écologie populaire ne sont pas majoritaires.

A-t-il été utile de voter dans les communes du bassin d’Arcachon ? Le dictionnaire nous dit que quelque chose d’utile c’est : « quelque chose qui sert, qui est profitable qui est avantageux. Voter utile par exemple c’est donner son suffrage en choisissant celui qui a le plus de chances de l’emporter et non celui que l’on avait d’abord préféré ». 

Oui, il a été utile de voter aux élections municipales si l’on se base sur cette définition et ce pour plusieurs raisons :

  • L’abstention se trouve en moyenne à 38, 61 %. Presque 7 électeurs sur 10 se sont déplacés. On constate également une hausse des inscrits sur les listes électorales entre 2020 et 2026 d’environ 8,80 % soit entre 10 061 et 10 1111 personnes qui se sont inscrites sur les listes électorales. Le bassin d’Arcachon reste a connu un regain démocratique par rapport à 2020.
  • Nous avons identifié 7 listes de gauche ou DVG aux municipales 2026 sur les 12 communes de la huitième circonscription électorales. Cette électorat représente 30,42 % des suffrages exprimés soit 18,08 % des inscrits sur les sept communes ou ces listes  étaient présentes. Si nous ramenons ces résultats à l’échelle des 12 communes l’électorat de gauche représente 10,10 % des électeurs inscrits. Il y a une progression entre 2020 et 2026 puisqu’il y a une commune de plus présentant une liste de gauche et le pourcentage d’électeurs inscrits ayant voté à gauche sur les 12 communes passe de 7,23 à 10,10%.
  • Le Rassemblement National (RN) a réalisé une percée significative. Il a présenté huit listes sur les 12 communes. Son électorat sur les huit communes représente 15,43 % des suffrages exprimés et 9,43 % des électeurs inscrits. Si l’on ramène ces résultats à l’ensemble des inscrits sur les 12 communes on peut escompter que son électorat représente entre 11 725 et 15 200 voix. Le RN dispose de 16 élus municipaux et de 2 élus communautaires (un élu COBAN, un élu COBAS, quatre conseillers municipaux à Biganos, 2 à Gujan-Mestras, à le Teich, Arcachon et Andernos et quatre à Lanton).
  • La gauche n’obtient aucune majorité dans les intercommunalités. Elle dispose de sept élus communautaires à la COBAS et de six élus communautaires à la COBAN. Il y a 31 élus municipaux de gauche/divers gauche  sur les 4 communes de la COBAS et 26 élus municipaux dans les 8 communes de la COBAN.

Il n’y a pas eu de vote utile (flagrant)aux municipales. Certaines listes se sont maintenues au second tour sans avoir de chances de l’emporter. Il y a également un nombre important de liste et d’élus étiquetés comme « divers-autres ». On peut supposer que le très grand nombre de listes diverses souligne le soin de ne pas être dans un rapport clivant gauche-droite pour l’élection la plus locale du système politique français. Mais pour quelles raisons ? Cela tendrait à confirmer que le Maire est une personnalité locale à part entière quand bien même il ait une carrière politique de rang supérieur. Le Maire est l’élu des habitants de sa commune et ces derniers jugent son action et ses résultats dans la commune. Le jugement sur son encartement ou son action politique n’est pas déterminant dans cette élection. Il faut toutefois nuancer ces hypothèses par deux remarques :

1-Tout d’abord l’introduction de la nuance « diverse » permet d’éviter l’affiliation partisane DVD/DVG. Une liste diverse c’est une liste sans étiquette (SE)qui ne peut pas être rattachée à une sensibilité politique. Les opinions politiques des listes divers sont inclassables, catégoriels, apolitiques ou fantaisistes.

2-La tête de liste choisit la nuance politique lorsqu’il dépose cette dernière préfecture. Par conséquent, on peut supposer que certaines listes étaient « politisées/partisanes » aux municipales mais le choix de les labelliser diverses rend plus compliquer l’analyse politique car elle suppose de connaître les personnes inscrites sur les listes.

Nous allons nous intéresser aux listes de Gauche/DVG des quatre communes de la COBAS obtenant les résultats suivants :

  • La liste « Arcachon Avenir » estampillée DVG obtient 20,45 % des suffrages exprimés et 12,502% des inscrits soit 1346 voix et trois élus municipaux.
  • La liste « La Teste à Gauche » estampillée DVG avec 10,87% des suffrages exprimés et 6,43 % des inscrits soit 1438 voix et un élu municipal et un élu communautaire.
  • La « liste citoyenne » à Gujan-Mestras également estampillée DVG avec 10,62 % des suffrages exprimés en moyenne (1er et 2nd tour) et 6,28 % des inscrits (idem) soit 1112 voix au premier tour (nombre maximum de voix obtenue) sans élu municipal ni communautaire.
  • La liste d’ »Union Républicaine » à Le Teich avec 80,68 % des suffrages exprimés soit 49,72 % des inscrits et 3589 voix soit six élus municipaux et six élus communautaires.

Il y a un élu municipal de plus à Arcachon mais il y en a deux de moins à La Teste. Il n’y aurait plus d’élu municipal et communautaire écologiste à Gujan-Mestras et la situation à Le Teich serait identique à 2020 avec toutefois l’apparition de la possibilité de monter des listes concurrentes ce qui n’était pas le cas précédemment. Nous consacrerons un article à la situation d’Arcachon.

Le mandat des élus municipaux et communautaires pourrait être rallongé d’un an pour ne pas se télescoper avec la présidentielle de 2032 tout comme les mandats des élus  départementaux et régionaux ont été rallongés d’un an. Faut-il s’interroger sur cet allongement des mandats après la période électorale ? On peut penser que trop de démocratie tue la démocratie mais on peut également s’interroger sur les raisons qui poussent les gouvernements à modifier les dates du renouvellement démocratique des gouvernants. Les électeurs ne seraient pas capables de discerner les enjeux de chaque élection et seraient susceptible d’appliquer systématiquement un vote sanction même si l’élection ne vise pas à choisir les dirigeants nationaux.

Les résultats des municipales ne permettent pas pour autant de pronostiquer les résultats des présidentielle et législative sur le Bassin :

  • Les candidats macronistes/du « bloc central » ne se sont pas déclarés comme tels mais ont utilisé la nuance « divers ». Il est difficile d’estimer leur ancrage local. Le discours macroniste est associé au « en même temps de droite et de gauche ». Il est par conséquent centriste libéral mais les électeurs de droite choisiront-ils l’extrême droite de Zemmour, l’union des droites du RN, la droite républicaine de Retailleau ou le bloc central de Attal/Édouard Philippe ? Ils iront à droite s’ils veulent sanctionner Emmanuel Macron. Ils resteront au centre s’ils ne veulent pas basculer à gauche et si la victoire du rassemblement national leur fait peur au niveau national alors que les conséquences de l’action gouvernementales le fait progresser au niveau local.
  • L’électorat du RN progresse puisqu’il peut se présenter et obtenir des élus autant à des élections locales que départementales, régionales et nationales. La question est de savoir si la représentativité signifie l’adhésion idéologique de l’électorat ou l’usage du vote RN comme un vote de colère ?
  •   L’électorat de gauche n’est pas inexistant et parvient à conserver le rapport de force puisque sur les 10 000 nouveaux inscrits, on peut estimer qu’entre 4000 et 5000 ont pu voter pour des listes DVG. L’électorat de gauche ne progresse pas mais il ne recule pas non plus. Tout comme le vote RN, le vote partisan de gauche réalise de meilleurs scores aux présidentielles et aux législatives. En revanche la possibilité d’un scénario ou le résultat est faible est plus probable que pour le RN en raison d’un risque d’un trop grand nombre de candidatures ou d’une seule et unique candidature de gauche. Trop de candidats ne permettraient pas au candidat le mieux placé d’accéder au second tour mais une candidature unique risque d’assécher le vivier de l’électorat et d’être étiqueté trop tôt, trop vite comme le candidat d’un camp alors que les échéances à venir doivent tenir compte de la capacité du candidat à rassembler son électorat sans pour autant déplaire à celui de ses rivaux.

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